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26/01/2012

CELUI QUI M'A TRANSMIS SA PASSION...

 

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Lorsqu’on ouvre un dictionnaire au mot PASSION on peut lire : « émotion puissante et continue qui domine la raison et qui oriente toute la conduite ». Voilà ce dont était atteint Louis Contestin, mon grand père :  « Une émotion puissante et continue pour la Course Camarguaise  et qui a orienté tout sa vie.


Né dans la rue de Nîmes à Beaucaire en janvier 1921,le petit Louis fut amené très tôt aux arènes par son père Emile, mon arrière grand père qui avait lui aussi « la fé » . C’est ainsi que devant les exploits du redoutable « Sanglier » et de l’as des as Julien Rey que la passion fut transmise.

Quelques années plus tard, devenu adolescent, Louis se retrouve en chantier de jeunesse au Vigan dans le haut Gard en pleine fête de Beaucaire, pour lui impossible de manquer l'incontournable royale d'Aubanel Baroncelli, ni une ni deux il enfourche un vélo et parcoure les 110km du Vigan jusqu'a Beaucaire pour ne pas manquer la course !La fé di biou du papé.jpg

Et lorsque en 1944 Paul Laurent son voisin et ami de toujours devient manadier, celui qu'on surnomait "Loute" va être le témoin fidèle et privilégié et ceux jusqu'à ces derniers jours de l'aventure de la devise rouge,verte et blanche. A partir des années 60 il devient le plus proche collaborateur de Paul Laurent pour l'organisation aux arènes de Beaucaire et des Saintes Maries de la Mer mais aussi dans une multitude d'autres arènes gérées par la maison Laurent comme à Saint Rémy, Nîmes, Lunel ou Châteaurenard. Quel aficiouna n'a jamais entrevue son grand sourire derrière les guichets des arènes ou aux côté du speaker Aimé Garcin à la présidence dans le rôle d’assesseur. Les années passant Henri Laurent a pris la suite de son père et a toujours put s'appuyer sur celui qu'il appelait "Son Grand frère" 
Et lorsque le petit fils Patrick s'essaya lui aussi dans la gestion d'arènes, l'inépuisable Loulou était encore là pour mettre la main à la patte et faire partager son expérience 
 
En 2001 à l'âge de 80 ans il était temps de prendre un peu de recul et de profiter d'une retraite bien méritée après une vie bien remplie entre la Viticulture la semaine et les taureaux le week end
Toujours épaulé par sa bien aimée Mado pour lui préparer ces valises et attendre son retour jusque parfois tard dans la nuit. Avec la retraite il put enfin profiter de se rendre aux arènes en tant que simple spectateur avec ces compères Jeanot Aigue, Georges Garcin et Titin Ode entre autre

A Beaucaire qui ne l'a jamais croisé sous les platanes du près en pleine partie de boules, au Planet au pied de la célèbre Muraillette ou après une course au Bar Taurin à la place Vieille

Il savait se faire écouter sans jamais parler fort et ces connaissances et ces conseils étaient appréciés de tous. Il fesait partie de ces personnages qui animent la vie locale, toujours prêt à la galéjade et qui laissent de grand vides lorqu'ils partent.Preuve de l'affection et la reconnaissance que lui vouait le monde la bouvine, en 2000 il reçoit le coup de coeur du Club Taurin des Amis de Goya et en 2009 c'est l'association taurine Camarina qui lui décèrne sa médaille d'honneur.  
 
 
Le 20 janvier 2011 il fetait ces 90 printemps entouré des siens et attendait avec impatience l'ouverture de la saison taurineAu mois d'avril c'est avec toujours autant de passion qu'il alla s'asseoir une dernière fois sur les bancs de ces arènes qui lui étaient tant chères. Malheureusement les stigmates de l'âge l’empêchèrent d'assister à la Palme d'or (La seule qu'il à manqué dans sa vie) mais même à l'hôpital il s'empressa de demander ce qu'avaient donné les courses
 
Il n'aimait pas les honneurs et se plaisait à rester dans l'ombre mais ce n'est que justice l'hommage que je souhaite lui rendre aujourd'hui 
 
Au début du mois d'août 2011, Il est parti sans bruit, comme il a vécu : discrètement
Il est parti rejoindre cette terre qu'en temps que paysan il a tant labouré pour nourrir sa famille 
Sa terre natale, sa terre de Beaucaire qu'il a tant aimé 

Alors avec un tel grand père , qui mimait un biou au dessus de mon berceau, qui m'a amené tout jeune aux arènes et à la manade Laurent, qui me racontait les exploits des Gandar , vovo ou autres Goya... Comment ne pas devenir passioné ?

Marcel Pagnol a écrit "La Gloire de mon père" et bien ces quelques lignes je pourrait les titrer "la gloire de mon grand père" car je suis fier de ce qu'il a été et de toutes les valeurs et de cette passion qu'il m'a transmis.

 

                                                                                                                          Jérôme Contestin


17:17 Publié dans Hommages | Lien permanent | Commentaires (0)

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