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09/10/2012

Fête Votive de Bellegarde

 

 

09/02/2012

Rencontre de deux légendes à Castellon

Pour passionner les foules, la tauromachie a besoin d'événements d'envergure et que ses acteurs quels qu'ils soient sachent parfois dépasser leurs limites.

S'il est un des acteurs de la tauromachie qui a toujours aimé se dépasser, c'est bien le sauteur Landais Nicolas Vergonzeanne.

Gagner 8 titres de Champion des sauteurs de Courses Landaise (record absolu) et être le leader incontesté de la discipline ne suffisait pas à ce caractère de battant .

En 2003, il saute au-dessus d’un toro de Victorino Martin lors d’une corrida à Dax, toro toréé par Stéphane Fernandez Meca.

Puis en 2004, il élargit sa renommée bien au delà des arènes de Gascogne en partant à la conquête des plus grandes arènes Espagnoles.

En 2005, 2008 et 2009 il a eu le privilège de montrer son talent dans les fameuses arènes de Las Ventas à Madrid. Il a depuis conquis le coeur des plus grandes arènes Ibériques comme Saragosse, Valladolid, Vitora ou Castelllon. Nicolas est d'ailleurs le seul acteur de la course landaise à avoir réussi à ce jour une carrière en Espagne.

Le vendredi 16 mars, il se lancera dans les arènes de Castellon, un défi que lui seul était capable d'imaginer : sauter par dessus le fameux toro "RATON" de la ganaderia Grégorio de Jesus.

Pour mémoire "RATON" est ce que l'on appelle un toro "de corro", c'est à dire qu'il n'est jamais toréé ni sacrifié et est loué de pueblos en pueblos pour les fêtes populaires de la région. Il est aujourd'hui âgé de 11 ans et s'est forgé une véritable légende qui dépasse aujourd'hui amplement les frontières de la comunidad Valenciana.

 

Cette légende noire, il se l'est forgé à coup de cornes. Ces victimes se comptent par dizaines et trois personnes y ont même laissé la vie (en 2006 à Puerto de Sagunto, en 2008 à Valencia et en 2011 à Xativa).
 

Agile, véloce, intelligent et agressif à souhait, on dit de lui que son regard vous glace le sang et si vous osez le défier, mieux vaut avoir un physique et un mental à toute épreuve.

Sa ruse et son agilité font mouche quasiment à chaque sortie et on prétend qu’il aurait malmené plus d’une trentaine de personnes. A chacune de ses sorties, sa réputation fait se remplir les gradins et vider la piste.

Rares sont les recortadores qui osent défier "RATON", personne n'a encore moins imaginé passer au dessus de ses cornes. C'est cet exploit que tentera d'accomplir Nicolas Vergonzeanne ce 16 mars dans les arènes de Castellon.

BRAVO NICOLAS !

J.C 

29/01/2012

LA LEGENDE DES ISCLES

 

Il est sur notre terre de Camargue des aventures humaines qui se transforment en véritables épopées, c’est en 1921 qu’une des grandes pages de l’histoire de la bouvine a commencé de s’écrire.  A une époque ou les manades se comptent sur les doigts d’une main Alfred Blatière modeste artisan Vergézois décide de créer son élevage avec des bêtes de Fernand GRANON et du Marquis de BARONCELLI .

 BLATIERE ce nom est devenu légendaire, il est à la course Camarguaise ce que Miura est à la Corrida ! Des taureaux imposants, compliqués, dangereux et méchants à souhait c’est ce qui a forgé la réputation de cet élevage. Mais nous sommes au tout début des années 1900, le fondateur Alfred Blatière originaire de Vergèze et tonnelier de métier est bien loin de penser que son nom deviendra l’un des plus connus de Camargue. Nous sommes à une époque ou le cercle très fermé des éleveurs de renom se limite aux légendaires et indétronables « GRANON », « RAYNAUD » , « SAUREL » et « BARONCELLI » Pour le moment Alfred Blatière est un simple aficiouna parmis tant d’autres . 

En 1910 la vie du petit tonnelier de Vergèze prend un premier tournant , il rencontre un groupe d’actionnaire Anglais qui ont décidé d’exploiter la source PERRIER et se fait embaucher comme transporteur pour acheminer les bouteilles de la source jusqu ‘a la gare de Vergèze .  4 années s’écoulent paisiblement et les affaire marchent fort bien mais en 1914 toute l’Europe est en guerre, Alfred est mobilisé, il va se battre comme un lion sur les champs de bataille, à son retour en 1918 il a 40 ans et tous ces évènements l’on marqué , il n’a plus le goût à la vie comme autrefois. Il reprend le travail chez Perrier , mais dans tout ces va et vient de la source à la gare, il rumine des projets, il ne se sent pas bien dans sa peau et veut changer de vie .

Il est aficiouna depuis toujours et il a la bouvine dans la peau, après d’interminables réflexions sur sa carriole c’est décidé il sera manadier. Il parle de son projet à Fernand Granon, le fameux manadier Cailaren approuve met le met en garde contre les difficultés du métier mais Alfred est déterminé, il sait à quoi s’attendre et ne lâchera rien.  En 1921 il commence timidement avec l’achat d’une poignée de bêtes chez Granon et ce n’est qu’en 1924 que tout a réellement démarré avec l’achat de bêtes à la manade GOURDON toutes de bonnes lignées de chez Granon et Baroncelli .

Deux ans plus tard en 1926 la manade fait ses premiers pas en piste et on retrouve seulement quelques traces de timides essais à Gajan, Lunel, St Génies des Mourgues, St Hypolite du Fort et sauve. Comme chacun sait Rome ne s’est pas faite en un jour et Alfred est bien déterminé à mener à bien son projet, il va travailler d’arrache pieds des années durant .

Bistournage Blatière 2009 (3).jpgLe nouveau manadier a deux fils : Arthur né en 1908 et Alfred dit « Frédou » né en 1917, enfants, chaque soir ils attendaient impatiemment que leur père rentre puis dès qu’ils ont pû d’abord l’aîné Arthur puis ensuite Frédou ils sont partis vivre la vie de gardianou sur la manade. 

 

Les aléas de la vie n’ont pas épargné la manade, L’hiver 1929 fut très rude, surtout durant le mois de février et au printemps il ne reste qu’un lot de 45 bêtes sur 60 , c’est quasiment 10 ans de travail qui sont anéanti en quelques mois. Mais Alfred n’est pas du genre a se laisser abattre. En 1937 , il veut s’installer une bonne fois pour toute, il achète le domaine des Iscles entre St Gilles et Gallician, superbe propriété parsemée de Tamaris et d'enganes aux abords de l'étang du Scamandre, c'est ici que la  manade réside encore aujourd'hui . Avant les Iscles les Blatière ont pâturé au Cailar, au château d’Avignon et à Carrelet près des Saintes ainsi qu’aux Fontanilles non loin de Gallician . Etant propriétaire des Iscles Alfred a maintenant toutes les cartes en mains , les bêtes sont belles et le désastre de 1929 est oublié . Mais Alfred n’est pas du genre a brûler les étapes et il sait qu’avant de ramasser tout les lauriers il faut avant tout travailler dans l’ombre et l’anonymat.

C’est aux alentours de 1948 que la manade se hisse au rang des manades de prestige, elle se retrouve confrontée à des élevages prestigieux comme les Raynaud, de Montaud, Aubanel, Pouly ou encore Granon et très vite la devise orange et verte va se hisser vers le haut du pavés. A la sortie de la guerre la royale de Blatière est reconnue comme la meilleure du moment devant la pourtant fameuse royale d’Aubanel. Les cocardiers « Mioche » et « Mécano » étaient les fers de lance de la devise mais celui qui surpassait tout et qui reste dans toutes les mémoires c’est le fameux « GANDAR .

 Né en 1942 de la vache « Moustelle », après des début en demi-teinte, en 1948 tout le monde compris rapidement que ce "biou" allait être un très bon cocardier. Il fut bien plus que cela...

La royale dans laquelle il fut intégré, se vit en partie décimée le soir du 25 septembre 1950, lorsque le char qui la transportait de retour de Nîmes, explosa sous le choc de l'autorail au passage à niveau de Vauvert.

« Vanneau » est tué sur le coup, « Coulobre » et « Lebret » sont blessé, « Mioche » et « Mecano » s’en sortent indemnes.

Gandar, meurtri et la corne droite arrachée erra toute une nuit avant qu'on ne le retrouva épuisé. Son état aurait justifié qu'on l'abatte pour mettre fin à ses souffrances, mais sa valeur et sa résistance décidèrent ses manadiers à tenter de le sauver.

Les soins ne manquèrent pas, ni sa détermination à survivre.

 

Le monde de la bouvine se demandait si ce cocardier déjà vedette, allait retrouver ses qualités après un tel accident ?

La réponse fut cinglante dès sa reprise l'année suivante : l'épreuve avait transcendé Gandar, intelligent au point d'adapter son combat à son handicap, il devint un redoutable cocardier et les adversaires qui osèrent l'affronter se comptent sur les doigts d'une seule main et encore...

Courage, intelligence, puissance et bravoure on fait de lui une référence de la course camarguaise, au point que la ville de Vauvert l'a statufié.

En 1955 il remporte le titre de biou d’or qui a été crée l’année précédente.

Durant onze ans, il permit à des milliers d'aficiouna de vivre intensément leur passion, jusqu'en 1959 ou il foula la piste pour la dernière fois. Ainsi naquit la légende de GANDAR, sa capacité a pointer son unique corne très loin derrière l’homme rendaient ses arrivées à la planche redoutables, nombreux sont ceux qui se sont fait clouer dans le saut et ramener en piste.

Charles Fidani fut son plus brillant adversaire, les raseteurs de l’époque comme Roman, Ayme, Jacques Antoine, Labrado…furent maintes fois mis en grande difficulté par ses finitions criminelles.


DSC_0190.JPGLes anecdotes ne manquent pas à son sujet , un jour à Eyragues ces finissions forcèrent Lucien VOLLE a changer deux fois de pantalon. A Arles il rattrape le raseteur Tosi sur le burladero et le ramène en piste.

Bien que criminel en piste dans le pays il été véritablement docile, il se laissait approcher à pieds et venait volontiers manger un peu d’avoine dans un saqueton.

Immense cocardier vedette des années 50, il est pour beaucoup d’aficiouna qui l’ont connu le symbole de toute une époque et pour certains le plus grand taureau de l’histoire…

Avec Gandar un autre taureau à semé le terreur dans les pistes à la fin des années 50, ce fantastique barricardier, fils du non moins célèbre « Vovo » d’Aubanel s’appelait « Santiago ». Véritable brute, en 1958 à Nîmes il sortit 5ème et fit une course mémorable de méchanceté et brisa plus de 40 mètres de planches.

 

En 1959 c’est l’apparition d’une des figures emblématiques de l’élevage, Joseph Boudoux est embauché en tant que bayle gardian et y restera plus de 20 ans, même à la retraite il ne cessera jamais de fréquenter assidûment le mas des Iscles.

Joseph Boudoux devient bayle gardian de la manade et le restera plus de vingt ans, c’est une des figures emblématiques de l’élevage et qui a toujours gardé une grande affection pour la devise .

En 1960 à l’âge de 82 ans, Alfred le fondateur est parti rejoindre ces aieux et tout ces grands personnages de bouvine qui l’avaient fait amener a aimer la Course Camarguaise . Depuis quelques années il avait pris une retraite bien méritée en passant le flambeau a ses fils Arthur et Frédou. 

 

Alfred est parti un an trop tôt pour voir le fruit de son travail récompensé une deuxième fois avec le sacre de biou d’or de Vergezois II puis 10 ans plus tard ce sera au tour de Vergézois III d’obtenir le titre tant convoité.

Dans l’année 1972 alors que les Quasimodo, Huguenot, Vibre, Vergézois III, Jacob, Richelieu et autres Dur font honneur à leur devise, au mois de juillet Arthur est le premier à aller rejoindre ces parents vers d’autres cieux. Comme son père avec Vergezois II, Alfred n’a vu le sacre du Dur en 1973 que du haut de son nuage.

C’est à cette époque que son fils Jacques prend les rênes de la manade sous l’œil bienveillant de l’oncle Frédou , en 1978 la manade obtient un  5ème sacre avec le biou d’or de « RINGOT ».

A la fin des années 70, un étalon de Fanfonne Guillerme est prêté à la manade ainsi qu’un échange de dix vaches porteuses, ceci afin de tempérer la méchanceté de la race des Iscles. Hélas les espoirs ne furent pas à la hauteur des espérances, et par la suite les manadiers s’efforceront de retrouver les caractéristiques de la race Blatière.
Le 3 janvier 1986 Jacques se retrouve seul à la tête de la manade, son oncle Frédou vient de décéder à l’age de 69 ans.

 

Chez Blatière les générations se succèdent mais le succès est toujours là, dans les années 80 « VALLESPIR » s’impose comme la tête d’affiche, il est suivi par une ribambelle d’autres taureaux comme « NADIR », « SCORPION », « MINOS », « ALI BABA », « MENELAS », « COURREJAOU »... A cette époque les cocardiers des Iscles sont les « chouchous » des arènes de St Geniès de Malgoirès ou les concours Laurent/Blatière font à chaque fois lever les gradins.

Toutes les grandes piste sollicitent la devise orange et verte, « MINOS » et « VALLESPIR » triomphent à Lunel, Beaucaire, Arles , Châteaurenard ou encore Vauvert.


En 1983, Joseph Boudoux est remplacé par son fils Thierry en tant que bayle Gardian, ce qui ne l’empêche pas de continuer à veiller sur tout ce petit monde, malgré la retraite il restera toujours de grand conseil, son expérience et son savoir n’étant plus a démontrer.

 

Dans les années 90 Jacques toujours attentif au devenir de la manade , prépare ses neveux Laurent et Pierre Bessac à prendre en mains les destinées de l'élevage des Iscles. Le 3 juillet 1990 Pirate inscrit son nom au palmarès de la prestigieuse cocarde d’or au côté du raseteur Thierry Ferrand. Les succès avec les taureaux ne doivent pas faire oublier la valeur des vaches cocardières avec « Véronique » cocardière d’or en 1984 ainsi que Emilienne en 1989 et Blanche en 1999. En 2006 En 2006 Eugénie, Mignon, Blanche, Aline, Jumelle, Pierrette et Mademoiselle permirent à la manade de remporté le prix de la meilleure royale de vaches cocardières.

En avril 1996 , l’association des amis de la manade Blatière-Bessac est créée à Codognan par un groupe de supporters et à l’initiative d’Edmond Guiraud dit "Momon". Pendant ce temps la manade des Iscles est encore et toujours au premier plan avec une flopée de cocardiers de valeur tels que « PELLEAS », « BENJAMIN », « JACOB » , « ST ELOI » , « VALJEAN » et « SANTIAGO ».

Quelques mois après le sacre de « MOURVEN », Au printemps 1996 naissent deux veaux mâles qui vont faire mine de rien leur bout de chemin, ils grandissent paisiblement aux Iscles jusqu'à leurs débuts en taureaux jeunes, le N°637 est baptisé « KABYLE » et le N°619 « ELZEAR ». Ces deux cocardiers vont devenir deux barricadiers hors paire, très facile à la tête, arrivés à la planche il devienne de véritables buldozers.

A l’armure et a la carrure impressionnante, « KABYLE » est un modèle de méchanceté et de bravoure, il a souvent régalé le public de Lunel et surtout du Grau du Roi ou il a signé des actions monumentales et a brisé des panneaux de planches entiers.

« ELZEAR » a quand a lui un physique moins dissuasif mais possède une bravoure sans égal, malgré le fait qu’il se fasse souvent étouffer par les hommes il ne se lasse jamais de répondre et de venir frapper aussi fort qu’il peu derrière ces assaillants.


Ces deux barricadiers sont bien sûr entourés de nombreux autres cocardiers comme l’étalon « ROMEO » ou encore « AARON », « THENARDIER », « THIBERE », « LANZA », « FONFON », « MELCHIOR », « IVOIRE » ou encore « BACCARA » . 

En décembre 2003, après des jours de pluie sur les bassins versant du Rhône qui est à sa côte d’alerte, une brèche s’ouvre sur la digue rive droite du côté de Saint-Gilles. En moins d’une journée une partie de la Petite Camargue est sous les eaux et plus particulièrement le domaine des Iscles. Il faut immédiatement évacuer les bêtes car la totalité des pâturages est sous plus d’un mètre d’eau. Un élan de solidarité à permis de sauver le cheptel ainsi qu’une partie de la production de fourrage qui venait d’être rentrée. Les bêtes furent évacuées à cheval jusque sur les terres hautes de la tour d’Anglas au Cailar .

Sans la vigilance des manadiers et gardians, c’est tout un cheptel et 70 ans de travail qui auraient pue finir noyés.

 Excellents cavaliers, éleveurs attentifs et minutieux  les neveux Pierre et Laurent Bessac ont aujourd'hui prit une grande part de responsabilité dans l'élevage et Christophe Merle le bayle gardian a succédé a Thierry Boudoux depuis 2001 tandis que l'oncle Jacques garde sur eux un oeil bienveillant .

 

En 2006 c’est l’arrivée d’une nouvelle génération pleine d’espoir avec les chefs de file « BEL CANTO » et « ROSTAND » suivi de « DIEGO » qui a participé à la finale de l’avenir 2007, « NEVERS » , « NIZAM » , « CACHOTIER » et le fantasque « DRAGON » qui a remporté le raisin d’or à Jonquières St Vincent. 

 Rare sont les élevages qui peuvent se venter d’une telle longévité et d’un tel palmarès. Mais chez Blatière Bessac la règle est de ne pas se prendre la tête . La simplicité et la franchise des pélots fait plaisir à voir.

 Aux Iscles c’est le travail et la passion qui parlent avant tout .

 

Après 4ème génération de pélots, les taureaux de Blatière fascinent toujours autant, l’ombre de Gandar plane toujours sur  cet élevage et espérons qu’un jour un tel phénomène revienne éclore du côté des Iscles .

En 2011 la devise Orange & Verte a fêté ces 90 ans !